Comment composer avec le stress et la colère

Ne vous fâchez pas; soyez plus génial que vous ne l’êtes déjà!

Je ne peux m’empêcher de rire chaque fois que je vois Clark Griswold péter les plombs dans Le sapin a des boules. Il qualifie son patron de « radin, menteur, bon à rien, pas de vie, lèche-serpents, mangeur de terre, endogame, obèse, ignorant, vampire, baiseur de chiens, écervelé, sans queue, désespéré, sans cœur, gros cul, personne aux yeux d’insectes, couilles molles, sac de merde de singe avec une tête de serpent », ce qui est non seulement drôle, mais également ce que plusieurs d’entre nous ont probablement souhaité faire à un moment ou à un autre dans notre vie professionnelle.  

Clark a une bonne raison d’être fâché : plutôt que de recevoir un boni bien mérité, son patron lui a remis une carte de membre du Club du jello du mois. Sérieusement!?!?

La colère est une émotion humaine normale et il peut être constructif de l’exprimer. Elle permet aux gens de connaître vos besoins – comme de l’argent et non du jello – sans compter qu’il est bien de se tenir debout. Le problème survient lorsque vous exprimez votre colère en criant, en blasphémant et en pointant des gens du doigt ou, pire encore, lorsque les gens ne voient rien d’autre que votre colère, ce qui empêche votre message de passer.

Éviter les confrontations qu’engendre la colère, c’est plus facile à dire qu’à faire, en particulier parce que la pandémie augmente le stress, l’incertitude et la frustration dans nos vies. Des milliers de personnes ont perdu leur emploi ou travaillent à la maison à proximité de l’être cher et des enfants qui font leurs devoirs sur la table de la cuisine. Les expressions, telles « tension extrême » et « névrose de solitude » sont devenues plus populaires que jamais. Nous savons ce qu’est la rage au volant, mais qu’est-ce que la rage provoquée par l’isolement prolongé?

Prenons un instant pour réfléchir sur les RAISONS pour lesquelles nous nous mettons en colère et sur la FAÇON d’agir de manière constructive et non destructive. La clé est de savoir contrôler notre colère sur le moment. Sommes-nous en train de nous tenir debout ou y a-t-il d’autres choses qui se passent?

Raisons pour lesquelles les gars perdent les pédales

Pendant des millénaires, les pères ont enseigné à leurs fils que la colère est acceptable et que les autres sentiments, comme la peine et la peur, ce n’est pas fait pour les hommes. Pour le meilleur ou pour le pire, il s’agit là d’une raison pour laquelle les gars optent souvent pour la colère plutôt que d’exprimer leur tristesse ou leur vulnérabilité. De même, ce n’est pas d’hier que la colère est la seule émotion négative acceptable que les gars peuvent exprimer au travail ou au sein d’autres groupes.

À la base, la colère est souvent une réaction lorsqu’on se sent blessé. Ainsi, il peut être plus facile de se mettre en colère que de reconnaître sa vulnérabilité. « Prends sur toi! » « Les hommes, ça ne pleure pas! » « Tu n’es pas une moumoune! » Vous avez déjà entendu ces expressions!

Développez vos compétences : apprenez à mieux vous connaître

Pour comprendre vos émotions, vous devez commencer par vous poser quelques questions toutes simples :

  • Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur de moi? Comment puis-je savoir si je suis en train de me mettre en colère?
  • Ai-je déjà vécu une telle sensation auparavant?
  • Quelles sont les situations qui me mettent en colère?
  • Quelles sont les émotions que je ressens immédiatement avant que le couvercle de la marmite ne saute?

Nommez ensuite les émotions. Si l’une d’elles est vraiment la colère, c’est très bien. Mais si cette émotion est toute autre, comme la peine, la honte ou la peur, vous devez vous APPROPRIER cette émotion. Ce faisant, vous pouvez commencer à travailler sur ce qui alimente vraiment votre colère. S’il n’y a rien pour l’alimenter, il n’y aura pas de colère.

Faire appel à la sensibilisation : clarifier pour éviter d’avoir à vous battre 

Imaginez ceci : l’être cher essaie une nouvelle recette pour un souper-surprise. C’est vous qui achetez l’épicerie la plupart du temps et vous vous demandez à voix haute : « D’où vient le saumon? »

Vous croyez que c’est délicieux, mais parce que les inquiétudes que ressent votre partenaire en lien avec la nouvelle recette sont amplifiées par la COVID, elle interprète votre question comme une critique. « Tu ne l’aimes pas? » vous répond-elle, avec un ton semblable aux ongles qui glissent sur un tableau.

Votre intention était de connaître le nom d’un magasin. Vous ne faites aucune pause et vous rétorquez comme s’il s’agissait d’un coup de poing. « Que veux-tu dire, ‘tu ne l’aimes pas’? » et vous ajoutez « Pour quelle raison interprètes-tu toujours mes questions de manière si négative? »

Conseil : Les termes absolus, tels « toujours » et « jamais »
ne font qu’empirer les choses dans un moment de tension.

Il pourrait s’agir là du début d’une autre chicane, parce que votre intention n’a pas donné le résultat souhaité ou attendu, mais il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. L’échange pourrait plutôt se dérouler comme suit :

« Où as-tu acheté le saumon? »

« Tu ne l’aimes pas? »

À cet instant, vous faites une pause pour réfléchir à ce que vous ressentez. Êtes-vous irrité par la réponse ou par le ton, parce qu’il n’est pas celui que vous attendiez? Si tel est le cas, ce n’est peut-être pas vous le problème. Donnez davantage d’information pour préciser votre pensée :

« C’est délicieux. Je voulais simplement connaître le nom du magasin où tu as acheté le saumon. »

« Oh, très bien, je l’ai acheté au magasin de fruits de mer Griswold. Je n’avais encore jamais préparé cette recette et j’avais peur que tu ne l’aimes pas. »

Cette approche transforme une argumentation possible en un malentendu inoffensif qui est même un peu drôle. Boni : rires, compréhension et appréciation peuvent mener directement à la chambre à coucher.

Faire appel à la sensibilisation : débreffer pour s’amuser

Si votre conversation au sujet du souper de saumon s’est soldée par le brouhaha le plus complet, tout n’est pas perdu. En conversant avec votre conjointe après vous être calmés tous les deux, vous pourriez en venir à vous comprendre et à vous apprécier davantage. Interrogez-vous sur l’effet négatif de votre question et expliquez que vous n’aviez que de bonnes intentions. Ainsi, lorsque vous sentirez à l’avenir qu’une tempête est en train de naître, vous pourrez demander « Où as-tu acheté le saumon? » pour signifier que vous n’êtes peut-être pas sur la même longueur d’onde. Vous pourriez en rire davantage et, si vous avez de la chance, entreprendre un autre genre d’échange…

Devriez-vous vous entretenir avec l’être cher maintenant ou attendre votre prochaine argumentation?

Demandez-leur de lire cet article pour commencer.

Faire appel à la sensibilisation : ralentir pour éviter la chicane

La dynamique gars contre gars peut engendrer la colère, comme cette situation le démontre : un groupe d’amis vient tout juste de quitter la glace après un match de hockey un jeudi soir. Brad, qui est l’un d’eux, propose d’aller boire une bière comme à l’habitude. Tom, un autre du groupe, préfère ne pas y aller, parce qu’il doit se lever tôt pour aller travailler le lendemain.

« Fais pas ta moumoune, » lui dit Brad.

« Je vais te montrer qui est une moumoune! » lui rétorque Tom qui a été piqué au vif, ‘laissant tomber ses gants’ et provoquant Brad.

L’humeur a changé tout d’un coup. Finis la bière et les bons moments et place à la colère et la division.

Les choses se seraient passées très différemment si Brad avait simplement dit, « Pas de problème, ce sera une prochaine fois, mon chum! ». Mais ce n’est pas ce que Brad a dit. En fait, il était simplement déçu que Tom ait décidé de ne pas y aller. Il a peut-être également jugé sans importance la décision de Tom de prioriser le travail aux dépens d’un bon moment entre gars. Si Brad s’était arrêté une seconde pour réfléchir à ce qu’il ressentait, il n’aurait peut-être pas utilisé le mot commençant par « m ».

Brad n’avait pas l’intention de provoquer la colère de Tom. Mais vous savez ce qu’on dit lorsqu’on parle d’intentions : l’enfer en est pavé de bonnes. Le chemin menant au bonheur, par contre, est pavé des efforts que vous déployez pour mieux vous connaître.

Si on donne un boni alléchant à l’occasion des Fêtes et s’il y a en plus du bon lait de poule des Griswold, c’est tant mieux!

Quels conseils vous ont aidé à calmer une situation potentiellement surchauffée? Faites-en part dans les commentaires ci-dessous!

About the Author

Dr. David Kuhl

Le Dr David Kuhl a obtenu sa maîtrise en sciences de la santé de l’Université de Toronto en 1981. Son diplôme en médecine lui a été décerné par l’Université McMaster en 1985. Il enseigne à la faculté de médecine de l’UBC en plus d’être cofondateur de The Men’s Initiative.

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